- La France compte 10 millions de logements en copropriété, régis par la loi du 10 juillet 1965.
- Chaque copropriétaire possède des parties privatives et une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes.
- L'assemblée générale est l'instance de décision collective : elle se réunit au moins une fois par an.
- De nouvelles obligations énergétiques s'imposent progressivement aux copropriétés entre 2024 et 2026.
Être propriétaire dans un immeuble, c'est partager bien plus que des murs. Vous êtes copropriétaire dès lors que votre bien fait partie d'un immeuble divisé entre plusieurs personnes. Ce statut implique des droits, mais aussi des obligations précises et une organisation collective qui s'impose à tous. Que vous veniez d'acquérir votre premier appartement ou que vous cherchiez à mieux comprendre votre situation, cet article vous explique le fonctionnement d'une copropriété, ses acteurs, ses règles et les nouvelles exigences réglementaires en vigueur.
Qu'est-ce qu'une copropriété ?
Une copropriété désigne tout immeuble bâti ou ensemble immobilier dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes, par lots. Chaque lot comprend une partie privative, l'appartement ou le local commercial, et une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes ou en millièmes.
En France, ce mode de détention concerne aujourd'hui 10 millions de logements, soit environ un tiers des résidences principales du parc immobilier français. C'est dire l'ampleur du phénomène et l'importance de bien en maîtriser les règles.
Parties privatives et parties communes
Les parties privatives sont à l'usage exclusif de chaque copropriétaire : l'appartement en lui-même, les caves individuelles, les parkings attribués à un lot précis. Les parties communes, en revanche, appartiennent à l'ensemble des copropriétaires proportionnellement à leurs tantièmes. On y trouve les halls d'entrée, les escaliers, les couloirs, les toitures, les façades, les installations de chauffage collectif et les espaces verts. Ni un copropriétaire, ni le syndic ne peut décider seul de modifier ou d'affecter ces espaces partagés.
Copropriété horizontale vs verticale
On distingue deux grands types de copropriétés. La copropriété verticale est la plus courante : un immeuble classique avec plusieurs étages et des appartements superposés. La copropriété horizontale, moins connue, regroupe des maisons individuelles ou des pavillons qui partagent des parties communes : une voie d'accès privée, un parking, une piscine collective. Les règles juridiques qui leur sont applicables sont identiques dans les deux cas.
Le cadre légal de la copropriété
La copropriété n'est pas un régime librement choisi. Dès qu'un immeuble appartient à plusieurs personnes, la loi s'applique automatiquement. Deux textes structurent l'essentiel du droit applicable.
La loi du 10 juillet 1965
C'est le texte fondateur, toujours en vigueur. La loi du 10 juillet 1965 fixe les principes qui régissent toute copropriété en France : la définition des parties privatives et communes, les droits et obligations de chaque copropriétaire, les règles de prise de décision en assemblée générale, les obligations du syndic, et les modalités de recouvrement des charges impayées. Plusieurs réformes importantes sont venues la compléter au fil des années, notamment la loi ALUR de 2014 qui a renforcé la transparence financière et la loi ELAN de 2018, qui a simplifié certaines procédures de vote.
Le règlement de copropriété
Chaque copropriété dispose d'un règlement qui lui est propre. Ce document définit la destination de l'immeuble (usage d'habitation, mixte, commercial), les conditions d'utilisation des parties communes et privatives, et la répartition des charges entre copropriétaires. Il est établi lors de la création de la copropriété et publié au service de publicité foncière. Il peut être modifié en assemblée générale à la majorité qualifiée. Toute copropriété a également l'obligation d'être immatriculée auprès du Registre national des copropriétés, un fichier public accessible en ligne.
Les acteurs de la copropriété
Trois acteurs organisent la vie d'une copropriété. Leur rôle est complémentaire et strictement encadré par la loi.
Le syndicat des copropriétaires
Le syndicat des copropriétaires regroupe l'ensemble des propriétaires de lots, sans exception. Il se constitue automatiquement dès la première cession d'un lot dans un immeuble. Doté de la personnalité morale, il peut agir en justice, signer des contrats et être partie prenante dans des litiges. C'est lui qui décide collectivement, en assemblée générale, des orientations et des dépenses de la copropriété.
Le syndic
Le syndic est le mandataire exécutif du syndicat des copropriétaires. Il exécute les décisions votées en assemblée générale, administre les parties communes, gère les finances de la copropriété, assure le suivi des travaux et représente légalement la copropriété vis-à-vis des tiers. Son mandat est limité à trois ans renouvelables. Il peut être professionnel, titulaire d'une carte professionnelle et d'une garantie financière obligatoires ou bénévole, choisi parmi les copropriétaires eux-mêmes.Pour les petites copropriétés, certaines configurations particulières sont envisageables.
Les gestionnaires Matera, disponibles et réactifs, accompagnent les copropriétaires au quotidien dans toutes les démarches : organisation des assemblées générales, suivi des travaux, gestion des impayés.
Le conseil syndical
Le conseil syndical est élu par l'assemblée générale parmi les copropriétaires volontaires. Son rôle est de contrôler la gestion du syndic et de l'assister dans ses missions. Il examine les comptes, donne un avis consultatif sur les décisions importantes et fait le lien entre les copropriétaires et le syndic au quotidien. Sa présence n'est pas légalement obligatoire dans les petites copropriétés, mais elle est fortement recommandée pour garantir une bonne gouvernance.
Les charges et les tantièmes
Les charges de copropriété sont réparties entre copropriétaires en fonction de leurs tantièmes. Ces tantièmes représentent la quote-part de chaque lot dans l'ensemble des parties communes, généralement exprimée en millièmes. Plus votre lot est grand ou situé dans un emplacement favorable, plus votre quote-part est élevée et donc votre contribution aux charges.
On distingue deux grandes catégories. Les charges générales financent l'entretien et la conservation de l'immeuble dans son ensemble : nettoyage des parties communes, assurance de l'immeuble, petites réparations courantes. Elles sont réparties selon les tantièmes généraux de chaque lot. Les charges spéciales, elles, financent des équipements ou services collectifs dont tous les copropriétaires ne profitent pas de la même façon. Leur répartition tient compte de l'utilité réelle de chaque service pour chaque lot, indépendamment de la superficie.
L'assemblée générale : comment ça fonctionne ?
L'assemblée générale est l'organe souverain de la copropriété. Elle se réunit au moins une fois par an, convoquée par le syndic avec un préavis de 21 jours minimum. Chaque copropriétaire y vote selon le nombre de voix attaché à ses tantièmes. Les décisions en assemblée générale requièrent différentes majorités selon leur nature. Pour les décisions courantes, la majorité simple des copropriétaires présents et représentés suffit. Les décisions importantes, comme le remplacement du syndic, nécessitent quant à elles la majorité absolue de tous les copropriétaires. Enfin, les décisions les plus lourdes, telles que la vente d'une partie commune ou la modification substantielle du règlement de copropriété, exigent une double majorité, voire l'unanimité.
En pratique, l'AG vote le budget prévisionnel, approuve les comptes de l'exercice écoulé, décide des travaux à réaliser et désigne ou renouvelle le mandat du syndic. Tout copropriétaire peut soumettre des résolutions à l'ordre du jour, à condition de le faire par lettre recommandée dans les délais prévus par la convocation.
Les nouvelles obligations énergétiques (2024-2026)
La loi Climat et Résilience de 2021 a introduit un calendrier d'obligations énergétiques pour les copropriétés. Ces mesures s'appliquent progressivement selon la taille de l'immeuble et visent à accélérer la rénovation du parc collectif, l'un des plus énergivores de France.
DPE collectif et audit énergétique
Depuis 2024, les copropriétés de 200 lots ou plus dont le permis de construire est antérieur à 2013 ont l'obligation de réaliser un Diagnostic de Performance Énergétique collectif. Ce DPE évalue la consommation énergétique de l'immeuble dans son ensemble et lui attribue une note de A à G. Les copropriétés entre 50 et 200 lots doivent s'y conformer depuis 2025, et celles de moins de 50 lots à partir de 2026. Pour les immeubles classés F ou G, un audit énergétique complet est requis en complément, afin d'identifier les travaux prioritaires.
Plan Pluriannuel de Travaux (PPT)
Le Plan Pluriannuel de Travaux est un document de planification obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans. Il recense l'ensemble des travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble sur les 10 prochaines années, avec une estimation des coûts. Il doit être soumis au vote en assemblée générale et mis à jour tous les 10 ans. L'objectif est d'anticiper les dépenses importantes et d'éviter les appels de fonds exceptionnels qui peuvent mettre certains copropriétaires en difficulté.
Grâce à l'espace personnalisé Matera, les copropriétaires peuvent suivre en temps réel l'avancement de leurs obligations réglementaires, consulter les documents de leur immeuble et accéder aux comptes de la copropriété.
Vos questions fréquentes
Qu'est-ce que le fonds de travaux et est-il obligatoire ?
Oui. Depuis la loi ALUR de 2014, toute copropriété de plus de 10 lots doit constituer un fonds de travaux. Les copropriétaires y contribuent chaque année à hauteur d'au moins 5 % du budget prévisionnel voté en assemblée générale. Ce fonds est destiné à financer les travaux futurs sans recourir à des appels de fonds exceptionnels, souvent difficiles à anticiper pour les copropriétaires.
Peut-on vendre son bien en copropriété sans accord des autres copropriétaires ?
Oui, la vente d'un lot est un droit individuel. Vous n'avez pas à obtenir l'accord de l'assemblée générale ni des autres copropriétaires pour vendre votre appartement. En revanche, vous avez l'obligation de fournir à l'acheteur un dossier complet : règlement de copropriété, procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, état daté des charges, carnet d'entretien de l'immeuble et, le cas échéant, le diagnostic technique global.
Que se passe-t-il si un copropriétaire ne paie pas ses charges ?
Le syndic dispose de plusieurs leviers. Après une mise en demeure restée sans effet, il peut engager une procédure judiciaire pour obtenir un titre exécutoire permettant de saisir les biens du débiteur. En cas de vente du lot, les charges impayées sont directement prélevées sur le prix de cession. Les autres copropriétaires ne sont pas tenus de payer à la place du défaillant, mais les impayés fragilisent la trésorerie collective et peuvent retarder des travaux nécessaires.
Quelles sont les obligations d'un copropriétaire en matière d'assurance ?
Depuis la loi ALUR, tout copropriétaire est tenu de s'assurer au minimum en responsabilité civile. Cette couverture protège contre les dommages que vous pourriez causer à des tiers, y compris vos voisins (dégât des eaux, incendie). En cas de défaut d'assurance constaté, le syndic peut souscrire une assurance d'office pour votre compte et vous en répercuter le coût.
Comment modifier le règlement de copropriété ?
Toute modification du règlement de copropriété doit être soumise au vote en assemblée générale. Selon la nature du changement envisagé, la majorité requise varie : majorité absolue pour la plupart des modifications (article 25 de la loi de 1965), double majorité pour les décisions les plus importantes (article 26). Une fois adoptée, la modification doit être publiée au service de publicité foncière pour être opposable aux tiers, notamment aux futurs acquéreurs.

